Pourquoi choisir un taux variable pour votre prêt au Canada

À rebours du consensus, le débat entre taux variable et taux fixe ne peut s’effacer d’un revers de main. Pourtant, lorsqu’il s’agit de financer un projet immobilier au Canada, la question ressurgit, vive et légitime. Avant d’arrêter votre choix, mieux vaut saisir les différences concrètes entre ces deux options. Voici, sans détour, quatre aspects majeurs qui dessinent le visage du taux variable au Canada.

Le taux de crédit variable : un taux qui fluctue

Lorsque vous sollicitez un prêt hypothécaire auprès d’une banque, il s’agit de trancher : taux variable ou fixe. Pourtant, bon nombre d’emprunteurs optent pour la sécurité du taux fixe, sans toujours s’attarder sur les véritables atouts du taux variable. Ce dernier, contrairement à son cousin figé, évolue tout au long du contrat.

Le taux variable bouge parce qu’il dépend directement du taux préférentiel appliqué par les banques et institutions financières canadiennes. Ce taux préférentiel, lui, s’aligne sur le taux directeur décidé par la Banque du Canada. Or, ce taux directeur n’a rien d’une constante : il peut changer plusieurs fois au cours d’une année, et tout au long des 3 ou 5 ans qui encadrent la durée de votre prêt. Ce mouvement, loin d’être anodin, peut se transformer en avantage pour l’emprunteur averti.

Profiter d’une baisse du taux préférentiel

À l’ouverture d’un prêt hypothécaire de même montant et de même durée, le taux variable affiche fréquemment un niveau inférieur à celui du taux fixe. Cette différence se traduit immédiatement par des économies sur les premiers versements. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : le taux directeur fixé par la Banque du Canada, et donc le taux préférentiel de votre banque, peut très bien baisser en cours de route.

Dans cette situation, vos remboursements mensuels fondent à mesure que le taux diminue. Les analyses des économistes le confirment : sur la durée, le taux variable a souvent permis aux emprunteurs de bénéficier d’un coût total inférieur par rapport au taux fixe. Cela reste vrai même si, sur 4 ou 5 ans, le taux peut aussi repartir à la hausse. Il faut cependant reconnaître que le taux variable ne s’adresse pas à tout le monde, surtout si l’on n’a pas une vision claire de sa situation financière et du contexte économique.

Quand le taux variable est fait pour vous

Avec un taux variable, vos versements mensuels changent, sauf si vous choisissez la formule à paiements fixes. Autrement dit, il faut pouvoir absorber ces variations sans stress. Ceux qui disposent d’une marge de manœuvre dans leur budget s’adaptent mieux à ces fluctuations.

Autre élément à ne pas négliger : le choix entre taux variable et taux fixe dépend également de la conjoncture économique. Ces derniers mois, la Banque du Canada a relevé son taux directeur à plusieurs reprises. Les prévisions annoncent même d’autres hausses à venir pour contrer l’inflation persistante. Difficile donc de se positionner à la légère.

Taux variable : plusieurs alternatives

Adopter le taux variable n’implique pas d’avancer sans filet. Certaines banques permettent de fixer un plafond, un taux maximal à ne jamais dépasser. Ainsi, si le taux directeur et le taux préférentiel s’envolent, vous ne serez pas pris au dépourvu par une explosion des intérêts à payer. Plusieurs variantes existent également, comme le taux variable à paiements fixes évoqué plus haut.

Dans ce cas, même si le taux varie, le montant de vos versements reste constant ; c’est le montant du capital restant dû qui s’ajuste en conséquence. D’autres institutions proposent des formules hybrides : une partie du prêt est soumise à un taux variable, l’autre à un taux fixe. À noter : la plupart des contrats à taux variable offrent la possibilité de passer en taux fixe en cas d’événement exceptionnel ou de retournement brutal du marché.

Les inconvénients potentiels du taux variable

Si le taux variable a bien des atouts, il ne faut pas négliger les revers de la médaille. Le principal concerne l’instabilité des mensualités. Contrairement au taux fixe qui garantit la prévisibilité, le variable expose à des hausses parfois brutales des versements si les taux remontent. Ceux qui choisissent cette formule doivent donc évaluer leur capacité financière à absorber de telles variations.

Opter pour un taux variable, c’est aussi accepter de naviguer au gré du marché. Les décisions de la Banque du Canada et les turbulences économiques influencent directement le coût du prêt. Cette incertitude n’est pas anodine ; certains y voient même une source d’anxiété, surtout s’ils préfèrent la sécurité d’un budget stable. Pour ces profils, le taux fixe reste la solution la plus rassurante.

Autre point à vérifier : tous les prêts n’ouvrent pas forcément droit au taux variable. Selon les établissements, des critères comme le niveau de revenus, l’historique de crédit ou l’apport initial peuvent entrer en jeu. Avant de s’engager, il importe donc de comparer soigneusement les offres disponibles et de décortiquer les conditions d’accès.

En définitive, le taux variable peut convenir à ceux qui souhaitent miser sur des mouvements de marché potentiellement favorables. Mais l’anticipation et la réflexion restent de mise avant de s’y aventurer.

Comment choisir entre taux variable et taux fixe

Pour arrêter un choix éclairé entre taux variable et taux fixe, plusieurs facteurs méritent d’être examinés avec attention.

  • Votre tolérance au risque : si vous êtes à l’aise avec les fluctuations de paiement et disposez d’un revenu stable, le taux variable peut présenter des opportunités. À l’inverse, si vous privilégiez la prévisibilité et la tranquillité d’esprit, le taux fixe vous apportera une sécurité appréciable.
  • L’état du marché immobilier : en période de stabilité ou de baisse annoncée des taux, le variable a tendance à séduire. Mais si la conjoncture annonce une remontée des taux, la prudence invite à préférer le fixe.
  • L’horizon de votre projet : un taux fixe convient souvent mieux à ceux qui envisagent de rester longtemps propriétaires et veulent verrouiller leur budget. Si vous comptez vendre à court terme ou êtes flexible sur la durée, le variable reste une option à considérer.

Avant de vous décider, prenez le temps de comparer les offres des différentes institutions. Analysez les modalités du contrat, notamment les clauses d’ajustement du taux variable ou les pénalités en cas de remboursement anticipé sur le fixe.

Au bout du compte, choisir entre taux variable et taux fixe revient à s’interroger sur son rapport au risque, à la stabilité et à ses attentes face à l’évolution économique. Ce choix, loin d’être anodin, façonnera votre expérience d’emprunteur pour les années à venir. Reste à savoir si vous préférez la route droite du taux fixe ou les virages, parfois avantageux, du taux variable.

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