Régulariser sa situation de sans-papier en Espagne en 2021

Oubliez le folklore du visa impossible et des démarches kafkaïennes : mardi 26 mai, l’Espagne a pris une décision qui pourrait bien modifier le visage de l’immigration sur son sol. Une opération de régularisation vient d’être lancée, visant une catégorie précise de résidents sans papiers, notamment les jeunes Algériens qui répondent aux critères fixés par les autorités.

Le gouvernement espagnol a choisi de concéder un permis de travail et de séjour, valable deux ans, aux jeunes sans-papiers âgés de 18 à 21 ans. Ce document, renouvelable une fois pour deux années supplémentaires, marque un basculement pour ces résidents jusque-là tenus en marge, et leur offre une chance réelle de bâtir une existence stable et durable sur le territoire espagnol.

Cette opération touche principalement les migrants arrivés mineurs en Espagne. Beaucoup n’ont signé leur premier contrat de travail qu’après l’entrée en vigueur du décret royal du 7 avril, un texte conçu pour fluidifier le recrutement de main-d’œuvre étrangère. Derrière cette mesure, le pays tente de pallier la pénurie de travailleurs, conséquence directe du verrouillage des frontières.

Le quotidien national évoque l’impact de cette décision : avec ce permis de travail valable deux ans, aucune restriction de secteur, aucune limite de territoire, la porte du marché de l’emploi s’ouvre en grand. Des dizaines d’associations le réclamaient, bataillant sur le terrain pour l’intégration des jeunes migrants depuis leur arrivée, souvent très jeunes.

Les sans-papiers en Espagne : les adolescents d’origine étrangère accèdent à la vie professionnelle

Pour ces jeunes migrants, la régularisation ne se résume pas à acquérir un statut légal. L’entrée sur le marché du travail, parfois dès 16 ans, reste une priorité. Les mesures exceptionnelles du décret royal du 7 avril viennent d’ailleurs appuyer leur cause : la période concerne désormais les mois du 30 juin au 30 septembre, validation du Conseil des ministres à la clé.

Quelques chiffres pour fixer les réalités : sur les cinq derniers mois de 2020, 1600 Algériens ont rejoint les côtes espagnoles sans titre de séjour. Ce chiffre surclasse les arrivées marocaines (984) et tunisiennes (240), pour un total de 1224. La route de la Méditerranée porte clairement la marque de la pression migratoire venue d’Algérie.

Dans le même temps, l’Espagne, plus vaste pays de la péninsule ibérique, s’apprête à rouvrir ses frontières aux touristes dès juin. Les responsables jugent que le contexte sanitaire permet de tenter ce pari, avec toutes les conséquences possibles pour ceux qui caressent l’espoir d’une installation durable.

Pour tous ces jeunes, la politique actuelle n’a plus rien d’une abstraction administrative : c’est une bascule réelle, où le parcours individuel prend tout son sens, entre attentes, défis et volonté de s’ancrer dans un nouvel avenir.

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