En 2021, le taux de cotisation retraite n’a pas bougé d’un iota par rapport à l’année précédente. Pourtant, la mécanique reste complexe, et le moindre oubli peut faire tanguer le bulletin de paie. Dans le dédale des taux, tranches et particularités, mieux vaut garder le cap.
Pour couvrir les risques liés à la vieillesse, différentes cotisations sont prélevées sur la rémunération brute. Employer ou salarié, tout le monde doit faire preuve de rigueur dans le calcul de ces prélèvements : la moindre approximation menace l’ensemble du processus de paie.
Les taux évoluent. Ne pas mettre à jour ses outils, notamment le logiciel de paie, conduit droit à l’erreur et au risque lors d’un contrôle URSSAF. Rester vigilant permet d’éviter de mauvaises surprises.
Voici un éclairage sur les cotisations retraite à appliquer sur le salaire afin de renseigner correctement la fiche de paie d’un collaborateur en 2021.
Quelle différence entre retraite de base et complémentaire ?
Le système français de retraite obligatoire repose sur deux volets interdépendants :
- La pension de base, que l’on alimente par des cotisations reversées à une caisse principale comme la CNAV pour la majorité des salariés du privé. Ici, les sommes versées se traduisent en trimestres d’assurance retraite.
- La retraite complémentaire, gérée par un organisme spécifique propre au statut du salarié. Chaque euro versé ajoute des points de retraite qui nourrissent un second droit à pension.
La question d’une réforme du système demeure, suspendue après la crise sanitaire. L’incertitude s’installe, et la prudence reste de mise sur de possibles évolutions.
Comment s’établit la base de calcul des cotisations retraite ?
Certains éléments de rémunération sont à prendre en compte dans le calcul des cotisations :
- Salaires
- Primes
- Indemnités de congés payés, RTT ou compte épargne-temps
- Indemnités compensatrices (congés, rupture de contrat, clause de non-concurrence… si soumises à cotisation)
- Avantages en nature
- Gratifications traversant la fiche de paie
En ce qui concerne la retraite de base, deux modes de calcul cohabitent : un taux s’applique à l’ensemble de la rémunération, tandis qu’un autre ne porte que sur la part inférieure au plafond de la Sécurité sociale (PSS).
La retraite complémentaire fonctionne avec deux tranches, définies à partir du montant du PSS, réévalué chaque année. Pour 2021 :
- Tranche 1 : jusqu’à une fois le PSS (de 0 € à 3 428 € mensuels, soit 0 € à 41 136 € annuels)
- Tranche 2 : entre une et huit fois le PSS (de 3 428 € à 27 424 € mensuels, soit 41 136 € à 329 088 € annuels)
Quels sont les taux de cotisation retraite en 2021 ?
Les prélèvements s’effectuent à la source sur le salaire brut. Hors régime spécial, la répartition suit généralement le principe suivant :
- Part patronale : 60 %
- Part salariale : 40 %
Pour la retraite de base (CNAV), les taux maintenus pour 2021 sont :
- Sur l’ensemble de la rémunération : 1,90 % pour l’employeur, 0,40 % pour le salarié
- Sur la portion sous PSS : 8,55 % pour l’employeur, 6,90 % pour le salarié
Du côté de la retraite complémentaire, les taux 2021 reproduisent ceux de l’an passé :
- Tranche 1 : 4,72 % pour l’employeur, 3,15 % pour le salarié
- Tranche 2 : 12,95 % pour l’employeur, 8,64 % pour le salarié
À signaler : rien n’a changé depuis 2020 concernant ces taux.
Quelles autres cotisations retraite faut-il connaître ?
D’autres contributions s’ajoutent sur la fiche de paie en matière de retraite complémentaire :
La contribution d’équilibre général (CEG) vise à compenser les départs anticipés, notamment avant 67 ans. Les taux en vigueur :
- CEG tranche 1 : 1,29 % pour l’employeur, 0,86 % pour le salarié
- CEG tranche 2 : 1,62 % pour l’employeur, 1,08 % pour le salarié
Tous les salariés sont redevables de la CEG. La contribution d’équilibre technique (CET), quant à elle, ne s’applique que sur la rémunération au-delà du PSS, à hauteur de 0,21 % pour l’employeur et 0,14 % du côté salarié, sur chaque tranche concernée.
Un dernier ajout pour les cadres : la contribution APEC (Association pour l’emploi des cadres), fixée à 0,036 % au titre employeur et 0,024 % pour la part salariale.
Face à cette superposition de règles et de taux, il devient rapidement pertinent de confier la gestion de la paie à des professionnels externes. Une gestion professionnelle, c’est parfois la clé pour retrouver des nuits paisibles.
L’avenir se dessine discrètement sur chaque fiche de paie. Maîtriser chaque ligne, c’est se donner la possibilité de façonner sa trajectoire professionnelle avec davantage de certitude.

